lundi 16 avril 2012

Mille-feuille littéraire

"Il est important pour un écrivain d'oublier son moi. Après tout, le moi est constitué de ce que l'on souhaiterait être, de ce que les autres pensent de vous, de ce qu'ils attendent de vous, de ce que vous attendez de vous-même. Plus les myriades de pensées, d'impressions, d'échos de conversations passées et présentes à peine conscients." Ces mots de Paula Fox, écrivaine émérite de la littérature américaine des années 60,  pourraient être prononcés par n'importe quel lecteur à haute voix. 

   Pourtant, le projet du lecteur à voix haute s'inscrit dans un double niveau de compréhension d'une oeuvre. Parce qu'il n'en est pas l'auteur, et que l'auteur ne peut jamais être tout à fait chacune des facettes de ses personnages, le lecteur doit se livrer à une prestation de haut vol : faire advenir une réalité contenue dans un livre en passant au travers de son immédiateté,  elle-même confrontée à la réalité particulière de l'auteur. Dans ce contexte, le public désigne l'ultime niveau d'appropriation d'une oeuvre.  "Sa" réalité, le public en fait l'expérience au travers d'une pluri-sensorialité ; la présence physique, sonore du lecteur, ainsi que l'individualité de chacun des spectateurs. 


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