mercredi 23 octobre 2013

shortEdition, à la recherche des concentrés de talents


  Nous vous annoncions le mois dernier l'ouverture des votes des lecteurs pour le concours de nouvelles shortEdition - Livre en Tête 2013, dont la remise des prix se déroulera lors du festival les 27, 28 et 29 novembre. Et il semblerait que shortEdition soit le partenaire idéal pour donner tout son sens à cet événement !

  


Promoteur des écrits brefs et des jeunes talents, cette maison d'édition, qui a vu le jour en 2011, est devenue aujourd'hui la plateforme, via son site, d'une lecture rapide mais de qualité, publiant régulièrement sur le net et sur papier des auteurs sélectionnés par ses soins... avec pour objectif de rendre au texte court toute son envergure*.

Pourquoi la littérature brève ? Comment ce format trouve-t-il un écho dans la société actuelle ? Nous avons interrogé Christian Sibieude, co-fondateur de shortEdition, qui nous a livré son point-de-vue sur la place du court dans l'univers du livre contemporain, à travers des réponses brèves et percutantes dignes de cette maison d'édition.


-----------------------



Pourquoi avoir créé Short Edition quand il existe actuellement tant de moyens de publier des textes sur le net (blogs, réseaux sociaux…) ? 

Tous ces canaux de publication relèvent de l'autoédition. Short Edition veut adapter le modèle juridique et économique de l'édition (un contrat entre un auteur et un auteur) au monde numérique. Short Edition est l'éditeur communautaire de la littérature courte et des nouveaux talents. 

Connaissez-vous des équivalents à l’international ?

Nous connaissons des réseaux sociaux constitués autour de l'écrit mais pas d'équivalent proposant de travailler comme un éditeur en s'appuyant sur les réseaux sociaux, sur la force de la communauté des lecteurs et des auteurs.   

Promouvoir le court, n’est-ce pas alimenter cet engouement pour l’ « immédiatement consommable » dans une société qui ne sait plus prendre son temps ?

Non. C'est seulement vouloir défendre un format qui est à tort considéré, dans le monde de la littérature francophone, comme un sous-produit. Le court, c'est aussi l'essentiel d'une histoire, d'un sentiment, d'un talent.... Il faut une place pour le format court à côté du roman. Et il faut des contenus littéraires adaptés aux petits écrans et aux nouveaux  modes de vie. 

Le genre court était-il répandu par le passé ? Comment a-t-il évolué ?

Il a toujours été à la marge. Surtout dans la république des lettres française, défendu par quelques écrivains qui avaient accédé à la notoriété auparavant, par le roman. Le Prix Nobel 2013 est une nouveauté majeure : Alice Munro est, en 112 ans, le premier écrivain récompensé qui n'a écrit que des nouvelles. Et elle est anglo-saxonne. Ce n'est pas un hasard.... 

Les strips [bande-dessinée dont le récit est organisé en seulement quelques cases] ou encore la catégorie des « Très très courts » [format littéraire de moins de 6000 signes proposé sur le site de shortEdition] sont-ils les fruits de la web-culture ?

C'est une reprise de formats déjà existants dans la presse écrite à certaines périodes. 

Que pensez-vous de Twitter, du message en 140 signes ?

Twitter, c'est de l'ultra-court. C'est un terrain de jeu et de communication. C'est aussi le lieu moderne de la maxime et de l'aphorisme.  

À quel genre littéraire la brièveté convient-elle le mieux ? Inversement, tous les genres littéraires peuvent-ils adopter un format court ?

Dans la fiction, il n'y a pas de genre prédestiné au court et de genre qui y serait opposé par essence. On remarque toutefois que les auteurs de policier semblent moins à l'aise... Un peu trop contraints peut-être. Mais ils vont aussi apprendre et apprivoiser cette contrainte. 

Quelle frontière entre la nouvelle et le roman ? Sur quelle base déterminez-vous cette limite de 25 000 signes imposée aux auteurs pour être publiés sur votre site ? 

Il n'y a pas de format officiel. La frontière de Short Edition, c'est ce qui permet la lecture d'un seul trait. Comme les séquences de la vie se multiplient et se rétrécissent... nous avons opté pour 25 000 signes et 20 minutes de lecture. 

Considérez-vous la nouvelle comme plus accessible, susceptible de toucher un plus large public ?

Oui, c'est aussi une bonne porte d'entrée dans la littérature. Nous sommes souvent sollicités par des éditeurs de manuels d'apprentissage de la langue française qui veulent des textes courts et contemporains. 

Durant le festival, trois textes courts seront récompensés par le prix Short Edition 2013 ; ils seront présentés au public par des lecteurs. Baser son jugement sur la seule lecture à voix haute est-il concevable pour désigner un lauréat, ou une lecture silencieuse est-elle nécessaire en parallèle ?

La lecture à voix haute - lorsqu'elle est bien "habitée" par le comédien - est le meilleur révélateur de la force et des limites ou faiblesses d'un écrit. Mais le voyage intérieur de la lecture silencieuse restera le filtre le plus pratiqué ! 

Le format littéraire du recueil est en vigueur depuis des siècles et vous-mêmes éditez la revue Short qui rassemble les meilleurs textes publiés sur votre site. Le court est-il commercialisable à l’unité et si oui, sous quel format ?

Les évolutions technologiques vont rendre possible l'édition à la demande, en composant son recueil avec un sommaire personnel. Et un peu plus tard, à l'unité.
Mais la commercialisation à l'unité sera d'abord numérique et elle va venir par les smartphones, les tablettes et même les liseuses, qui permettent des ventes à tout petit prix. ● 



*Question d'actualité, qui trouve sa traduction dans la remise du Prix Nobel de Littérature 2013 à la Canadienne Alice Munro, décrite comme "maîtresse de la nouvelle contemporaine".

-----------------------


Pour vous offrir de courts - mais réjouissants - moments de plaisir littéraire, rendez-vous sur le site de shortEdition ! 

Vous aimerez aussi...








La web culture à l'honneur lors du festival Livres en Tête 2013: toutes les informations sur la retransmission en streaming live du festival.

Aucun commentaire :

Enregistrer un commentaire