jeudi 3 mai 2012

Yves Bonnefoy : poésie sonore

   Les recueils de poésie d'Yves Bonnefoy  déploient avec une extrême pertinence les enjeux du son dans l'écriture. Au-delà d'une simple recherche esthétique, le poète conçoit l'épreuve de l'écriture comme une action dans laquelle les sonorités échappent en elles-mêmes à la signification. Cette "distance intérieure" se conçoit d'autant mieux dans la lecture à voix haute : "La lecture à voix haute fait nécessairement apparaître la part fondamentale que joue dans l'écriture même des poèmes la sonorité des mots et la conséquence de cette sonorité à savoir les rythmes par la voix des assonances. En fait, toute une part de la parole qui n'est pas précisément la signification comme telle. "

   Ainsi, si "le son s’affranchit des articulations du discours", il trouve dans la lecture à voix haute un espace d'expression privilégié. L'oralité prend alors une importance toute particulière. Elle peut être pensée comme le moyen de désenclaver le texte de ses contraintes techniques et de sa vocation conceptuelle. 

Vous pouvez écouter l'intégralité de l'entretien effectué par Livre au Centre auprès d'Yves Bonnefoy lors du cycle "Écrivains à Chambord" en cliquant ici : 

1 commentaire :

  1. Poésie sonore et performance, en fait c'est une redécouverte des éléments quasi préverbaux du langage que la poésie sonore restitue à l'état brut. Comme on jette de la peinture sur un mur. Après, ces éléments bruts peuvent être mis en résonance à travers le vers par exemple, comme par exemple la Joconde est une composition de couleurs qui donnent un visage par surcroît

    "Ce souci de l’effet physique de ce qui est écrit élargit la résonance intellectuelle, amplifie le spectre de la signification. Toujours conçu pour susciter le choc sensoriel de la diction, composition comme chorégraphique du mouvement des lèvres, de la langue, des vibrations du larynx, le vers est cette chambre de résonance où la pensée et l’expression cherchent l’accord extrême, le point idéal où entendre et comprendre ne seraient plus qu’un mot de même sens." (Louis Latourre)

    Cela dit la performance sans micro sans bande sonore "à corps nu" sous les faux vêtements "classiques" est spectaculaire ici ça va loin!! j'apprends que rien que la mise en scène et la diction ont demandé presque deux ans, et juste l'écriture du texte.. neuf ans!^^
    http://www.youtube.com/watch?v=YuIzJFTRA3E

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